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Benoit Willot

Ancien conseiller municipal de Joinville le Pont (France, Val de Marne)

58 ans, chargé de mission dans un organisme d'emploi et de formation

benoitwillot@joinville-le-pont.info

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 00:01

Au moment où est en cours la fusion de géants de la lunetterie (l’italien Luxottica et le français Essilor), il n’est pas inutile de rappeler la curieuse origine du second, et son ancrage avec l’histoire politique et sociale locale, et notamment le Val-de-Marne, le groupe mondial ayant d’ailleurs annoncé qu’il maintenait son siège social à Charenton-le-Pont.

Au départ, nous avons treize ouvriers parisiens qui, en 1849 constituent l'Association fraternelle des ouvriers lunetiers qui rachètent, à crédit, le matériel de deux artisans et s’installent rue Saint-Martin à Paris (3e arr.). Ils affichent un emblème (un niveau) et une devise : « Solidarité entre les travailleurs. »

Au commencement de 1848, l'industrie de la lunetterie était peu importante à Paris : la plus grosse entreprise avait moins de 15 salariés ; les salaires étaient plutôt meilleurs que dans les autres branches économiques. Cependant, les nouveaux coalisés vont renoncer, pendant quelques années, à une grande partie de leurs revenus parce qu’ils ont été nourris par les écrits de Saint-Simon, de Fourier, de Proudhon, et surtout ceux du journal l'Atelier, et qu’ils veulent acquérir leur indépendance. En 1848, la République ayant voté des fonds pour faciliter la création de sociétés ouvrières de production.

On en vit surgir en peu de mois environ 200, qui vont disparaître pour a plupart dès que le régime impérial, en 1852, s’attaque à toutes les formes d’organisation républicaine. Cependant, à l’image de ce qui se fait en Angleterre ou en Allemagne, les associations subsistantes vont retrouver de la vigueur dans les années 1860.

Parmi elles, la Société des Lunetiers, transformation sous forme coopérative de l'Association fraternelle, va connaître une évolution unique. Diversification de son catalogue, nombreuses innovations techniques, acquisition de plusieurs usines, notamment dans l'Est de la France, ouverture d’une filiale à Londres : le groupe a déjà 1 200 salariés en 1900, un chiffre qui va sans cesse croitre. Le nom Société des Lunetiers ou SL deviendra ensuite Essel puis Essilor après sa fusion avec une autre société d’optique, Silor. Le statut coopératif abandonné, le groupe reste cependant avec une politique sociale qui reste marquée par la tradition de participation des salariés.

Trois Joinvillais sont liés aux débuts de l'Association fraternelle et de la Société des lunetiers. François Blaize (1824-1900), un des 13 fondateurs de la coopérative fut conseiller municipal de Joinville (1878-1896) et un philanthrope. Charles Eugène Videpied (1834-1900), en est le gérant pendant une vingtaine d’années à la fin du second empire, fut un militant radical-socialiste particulièrement actif à Joinville. Pierre Jules Tireau (1829-1900), libre-penseur fut également un des piliers du radical-socialisme naissant à Joinville. Tous trois furent, dès 1848, d’ardents républicains à une époque où beaucoup payèrent de leur vie ou de leur liberté un tel engagement. Ils étaient également liés à une autre figure de Joinville, Jules Ferdinand Baulard, Au moment où est en cours la fusion de géants de la lunetterie (l’italien Luxottica et le français Essilor), il n’est pas inutile de rappeler la curieuse origine du second, et son ancrage avec l’histoire politique et sociale locale, et notamment le Val-de-Marne, le groupe mondial ayant d’ailleurs annoncé qu’il maintenait son siège social à Charenton-le-Pont.

Au départ, nous avons treize ouvriers parisiens qui, en 1849 constituent l'Association fraternelle des ouvriers lunetiers qui rachètent, à crédit, le matériel de deux artisans et s’installent rue Saint-Martin à Paris (3e arr.). Ils affichent un emblème (un niveau) et une devise : « Solidarité entre les travailleurs. »

Au commencement de 1848, l'industrie de la lunetterie était peu importante à Paris : la plus grosse entreprise avait moins de 15 salariés ; les salaires étaient plutôt meilleurs que dans les autres branches économiques. Cependant, les nouveaux coalisés vont renoncer, pendant quelques années, à une grande partie de leurs revenus parce qu’ils ont été nourris par les écrits de Saint-Simon, de Fourier, de Proudhon, et surtout ceux du journal l'Atelier, et qu’ils veulent acquérir leur indépendance. En 1848, la République ayant voté des fonds pour faciliter la création de sociétés ouvrières de production.

On en vit surgir en peu de mois environ 200, qui vont disparaître pour a plupart dès que le régime impérial, en 1852, s’attaque à toutes les formes d’organisation républicaine. Cependant, à l’image de ce qui se fait en Angleterre ou en Allemagne, les associations subsistantes vont retrouver de la vigueur dans les années 1860.

Parmi elles, la Société des Lunetiers, transformation sous forme coopérative de l'Association fraternelle, va connaître une évolution unique. Diversification de son catalogue, nombreuses innovations techniques, acquisition de plusieurs usines, notamment dans l'Est de la France, ouverture d’une filiale à Londres : le groupe a déjà 1 200 salariés en 1900, un chiffre qui va sans cesse croitre. Le nom Société des Lunetiers ou SL deviendra ensuite Essel puis Essilor après sa fusion avec une autre société d’optique, Silor. Le statut coopératif abandonné, le groupe reste cependant avec une politique sociale qui reste marquée par la tradition de participation des salariés.

Trois Joinvillais sont liés aux débuts de l'Association fraternelle et de la Société des lunetiers. François Blaize (1824-1900), un des 13 fondateurs de la coopérative fut conseiller municipal de Joinville (1878-1896) et un philanthrope. Charles Eugène Videpied (1834-1900), en est le gérant pendant une vingtaine d’années à la fin du second empire, fut un militant radical-socialiste particulièrement actif à Joinville. Pierre Jules Tireau (1829-1900), libre-penseur fut également un des piliers du radical-socialisme naissant à Joinville. Tous trois furent, dès 1848, d’ardents républicains à une époque où beaucoup payèrent de leur vie ou de leur liberté un tel engagement. Ils étaient également liés à une autre figure de Joinville, Jules Ferdinand Baulard, qui fut conseiller municipal de la commune, conseiller général du canton de Charenton et, pendant trois mandats à la fin du 19e siècle, député du département de la Seine.

Avec plus ou moins de vigueur, on les retrouve tous quatre dans ce qui était alors l’extrême-gauche parlementaire, le radicalisme naissant ; ils sont également francs-maçons et libres-penseurs. Ils vont, avec quelques alliés comme l’artisan Alphonse Demeestère et le journaliste Henry Vaudémont, transformer le canton de Charenton (plus de la moitié de l’actuel Val-de-Marne) et singulièrement la ville de Joinville en un fief de cette gauche laïque et ancrée dans le mouvement ouvrier, notamment dans l’émergence de ce qu’on n’appelait pas encore alors l’économie sociale et solidaire, mais qui en est l’ancêtre. Le fils de Tireau, Stéphane Albert, lui aussi joinvillais, travailla également avec la Société des lunetiers et fut aussi, avant sa mort à 41 ans, un propagandiste actif des mêmes idées.

Les liens de Joinville avec l’actuelle Essilor ne s’arrêtent pas là. La société Télégic, qui deviendra Silor après sa fusion avec Lissac, en implantée dans la commune ; pendant les années 1930, c’est un des foyers du communisme local avec Henri Gaillon et Henri Tabouret.

L’ingénieur Bernard Maitenaz, né en 1926 à Joinville, fut l’inventeur en 1959 du verre Varilux, qui a fait depuis le succès d’Essilor.

Enfin, les terrains de l’avenue du maréchal Leclerc accueillaient une usine de monture, vendue ensuite à Luxury Eyewear puis à Cartier, et démolis en 2016.

Avec plus ou moins de vigueur, on les retrouve tous quatre dans ce qui était alors l’extrême-gauche parlementaire, le radicalisme naissant ; ils sont également francs-maçons et libres-penseurs. Ils vont, avec quelques alliés comme l’artisan Alphonse Demeestère et le journaliste Henry Vaudémont, transformer le canton de Charenton (plus de la moitié de l’actuel Val-de-Marne) et singulièrement la ville de Joinville en un fief de cette gauche laïque et ancrée dans le mouvement ouvrier, notamment dans l’émergence de ce qu’on n’appelait pas encore alors l’économie sociale et solidaire, mais qui en est l’ancêtre. Le fils de Tireau, Stéphane Albert, lui aussi joinvillais, travailla également avec la Société des lunetiers et fut aussi, avant sa mort à 41 ans, un propagandiste actif des mêmes idées.

Les liens de Joinville avec l’actuelle Essilor ne s’arrêtent pas là. La société Télégic, qui deviendra Silor après sa fusion avec Lissac, en implantée dans la commune ; pendant les années 1930, c’est un des foyers du communisme local avec Henri Gaillon et Henri Tabouret.

L’ingénieur Bernard Maitenaz, né en 1926 à Joinville, fut l’inventeur en 1959 du verre Varilux, qui a fait depuis le succès d’Essilor.

Enfin, les terrains de l’avenue du maréchal Leclerc accueillaient une usine de monture, vendue ensuite à Luxury Eyewear puis à Cartier, et démolis en 2016.

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