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Joinville-le-Pont au jour le jour

Joinville-le-Pont au jour le jour

La vie locale sur les bords de Marne


Raoul et Berthe Amar, commerçants juifs expropriés et résistants

Publié par Benoit Willot sur 5 Septembre 2020, 18:36pm

Catégories : #Histoire de Joinville, #Polangis

À l’heure où l’on commémore la libération de Joinville-le-Pont de l’occupation allemande, le 25 août 1944, il est utile de rappeler la mémoire de deux commerçants, persécutés parce que juifs, et qui tous deux s’engagèrent dans la résistance.

Raoul Moïse Amar, fils de commerçants, naît le 25 septembre 1892 à Alger. Après le divorce de ses parents en 1896, il accompagne sa mère à Paris. Il exerce la profession de comptable en 1912. Il commence son service militaire juste avant le début de la première guerre mondiale. Caporal, il participe à des combats en Belgique et est fait prisonnier le 20 août 1914 à Neufchâteau (Belgique province de Luxembourg). Il est détenu à Langensalza, en Thuringe (Allemagne) pendant plus de quatre ans et trois mois. Après le conflit, il devient employé de bureau et fréquente la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (3e arr.).

Berthe Kapoustiansky naît le 6 décembre 1901 à Nicolaieff (Russie, act. Mykolaïv, Ukraine). Sa famille arrive en France vers 1904. Pendant la première guerre mondiale, Berthe Kapoustiansky et ses quatre frère et sœurs (plus jeunes) participent, en mars 1916, à une souscription de la Société de secours aux juifs victimes de la guerre en Russie. En 1920, ils vivent à Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), où le père est forgeron.

Le mariage de Berthe et Raoul Amar a lieu en mai 1920. Ils s’installent à Courbevoie, où naissent leurs deux filles, puis vivront à Nanterre. Le mari est manœuvre spécialisé dans l’industrie mécanique, mais il se blesse et perd un doigt. Il se reconvertit alors dans le commerce, et le couple exploite une épicerie dans le quartier de Polangis, à Joinville-le-Pont, rue Bizet.

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, éd. Des Ronds dans l'O, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de ses parents, Maurice et Mina, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, (Saint-Maur-des-Fossés), avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Les deux époux Berthe et Raoul Amar s’engagent dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Raoul Amar meurt le 26 avril 1969, à 76 ans. Berthe Amar meurt le 13 septembre 1999 à Baugé (Maine-et-Loire). Elle était âgée de 98 ans. Ils sont tous deux inhumés à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

La famille Pikovsky, dessin d’après photo prise lors de leur réception par la famille Amar à Joinville, été 1943

Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, éd. Des Ronds dans l'O, 2020)

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