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Benoit Willot

Ancien conseiller municipal de Joinville le Pont (France, Val de Marne)

58 ans, chargé de mission dans un organisme d'emploi et de formation

benoitwillot@joinville-le-pont.info

 

Joinville-le-Pont au jour le jour est compatible avec tous les téléphones portables permettant un accès à internet :

17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 23:09

En France, la désignation des membres des conseils municipaux se fait au scrutin majoritaire. Au début de la troisième République, c’est la variante majoritaire avec possibilité de panachage. Les électeurs votent pour une liste sur laquelle ils peuvent rayer ou ajouter des noms.

Ce mode d’élection a pour conséquence d’éliminer la plupart du temps les minorités : avec quelques voix de plus, une liste peut avoir 23 élus, tandis que l’autre n’en a aucun.

L’injustice de ce système est connue. Il faudra attendre l’élection de François Mitterrand en 1981 pour qu’une part de proportionnelle soit combinée avec un scrutin qui reste majoritaire : la moitié des sièges pour la liste en tête, le reste partagé entre toutes les formations en compétition.

Mais bien avant, des tentatives d’implanter le système proportionnel ont eu lieu. Une des plus originale a été celle de Joinville-le-Pont, en 1912.

Le contexte se prête à une évolution. Eugène Voisin, qui siège au conseil municipal depuis 1869 et est maire depuis 1888 se retire, après 24 ans de mandat. Les tensions sont fortes dans la majorité, et il a fallu organiser des élections partielles en mai 1911 suite à sept démissions au sein du conseil. Un socialiste, Émile Lebègue, fait son entrée au conseil où la Sfio n’avait jusqu’ici qu’un seul élu.

Le 4 mai 1908, trois listes se présentent : l’une composée principalement de radicaux centristes derrière Ernest Mermet (dissident du parti radical-socialiste), l’autre de républicains de droite avec l’avocat Louis (Fédération des républicains progressistes, libéraux et indépendants), la dernière rassemblant des socialistes avec Émile Lebègue et H. Lacroix (Sfio).

Les radicaux de Mermet sont en tête, mais les trois listes s’entendent pour présenter, au second tour, une liste unique composée en fonction des résultats du premier tour. Ainsi, après le 14 mai, la commune aura un conseil pluraliste, formé de 10 radicaux dissidents, 6 libéraux et 7 socialistes.

La particularité joinvillaise sera largement évoquée dans la presse. L’Humanité se félicite que « l’essai de proportionnelle » permette de « faire passer plusieurs camarades. » Le Petit Parisien s’étonne de l’existence de cette « liste proportionnaliste ». , composé de 10 radicaux, 6 libéraux et 7 socialistes unifiés a été élue.

La municipalité aura un mandat rallongé jusqu’en 1919, marqué par la guerre. Mermet mourra lors du scrutin d’après-guerre.

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