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Joinville-le-Pont au jour le jour

Joinville-le-Pont au jour le jour

La vie locale sur les bords de Marne


1985 : clochemerlesque

Publié par Benoit Willot sur 15 Août 2010, 23:07pm

Catégories : #Histoire politique de Joinville

Daté de juillet 1985, le second numéro de Joinville socialiste publié en 1985 (n° 5) comporte neuf pages. Au journal proprement dit a été ajouté un insert de dernière minute, rendant compte de la réunion du conseil municipal de Joinville-le-Pont du 28 juin.

Deux pages entières sont ainsi consacrées à ce que le titre du journal appelle les « divergences dans la droite joinvillaise ».

On se souviendra que, à l’époque, la droite est divisée en plusieurs formations : principalement le Rpr de Jacques Chirac et l’Udf de Valéry Giscard d’Estaing, dont le parti républicain de François Léotard et Gérard Longuet est la principale composante. Pierre Aubry, le maire de Joinville, s’affirme non-inscrit, il siègera cependant au groupe Udf au conseil général du Val de Marne, et au groupe Rpr à l’Assemblée nationale lorsqu’il sera député. La majorité élue en 1983 comporte 9 Rpr, 9 non-inscrits et 8 Udf (6 PR, 1 Cds et 1 radical).

Le premier épisode se passe le 26 avril 1985. La ville veut récupérer un terrain, utilisé par une école privée, l’Institution Palissy (aujourd’hui disparue) et le conseil municipal est saisi d’une proposition pour lui vendre, en échange, un terrain propriété communale, avenue Joyeuse. Jean-Marc Levetti, conseiller municipal socialiste, fait remarquer que l’Institution Palissy est titulaire d’un bail et que, pour pouvoir reprendre l’espace, la ville devra le reprendre. La majorité municipale avait manifestement oublié ce détail. Après une certaine confusion, le maire suspend la séance et réunit sa majorité… sans les élus du parti républicain. Au retour, une motion donne carte blanche au maire pour régler la question ; mais elle n’obtient que 15 voix pour, contre les 6 de l’opposition. Onze conseillers de droite se sont abstenus.

Le deuxième épisode se joue le 28 juin 1985. Faute de quorum, le conseil municipal démarre avec une demi-heure de retard : il a fallu tout ce temps pour trouver un 17ème élu : Franck Misme, jeune architecte, membre du Rpr était pourtant bien en mairie, mais pas en séance. Le cinquième point à l’ordre du jour allait provoquer le clash. La municipalité venait de constituer une société d’économie mixte et d’aménagement (aujourd’hui dissoute) et il fallait désigner ses administrateurs. Cinq membres de la majorité sont élus avec 26 voix (celles des présents de droite, avec les mandats dont ils disposaient), mais le sixième est battu : le docteur Raoul-Jean Dumas, premier adjoint et membre du parti gaulliste, est battu avec 13 voix seulement. Franck Misme, outré, quitte la séance. Le conseil municipal est ajourné, faute de quorum (il faut que plus de la moitié des 33 membres siègent physiquement).

Le bulletin socialiste ne se contente pas de commenter le « rififi à droite ». Il propose de créer une crèche et une école maternelle dans le quartier de Palissy, celle de Polangis (alors la seule pour le bas de Joinville) étant surchargée.

La guéguerre sportive est également au menu. Après l’athlétisme l’année précédente, c’est au tour du football d’être concerné. Le COJ football est alors un club bien portant : 400 licenciés, 21 équipes dont 4 féminines. Mais il est trop indépendant. Le maire décide donc de soutenir un nouveau club, le RCJ.

Tout n’est pourtant pas sujet à polémique. L’élu socialiste Jean-Marc Levetti donne ainsi acte au maire du fait qu’il reprend ses propositions pour défendre l’emploi dans l’entreprise de tirage de films cinématographiques, GTC. Tous les groupes d’élus (Rpr, Udf, Ps et Pcf) sont invités à une réunion avec la direction de l’entreprise. Le député socialiste de la circonscription, Laurent Cathala, intervient auprès du ministre de la culture, Jacques Lang, pour soutenir GTC. Mais le directeur de celle-ci, choqué du refus d’investir de ses actionnaires, démissionne.

Dans le même numéro de Joinville socialiste, on trouve à nouveau deux pages consacrées à la sécurité, un entretien avec le député de Seine Saint-Denis, Gilbert Bonnemaison. Laurent Cathala défend enfin l’introduction de la proportionnelle pour le scrutin législatif, qui va mettre en 1986, selon lui, « plus de justice » dans le système électoral français.

Joinville socialiste (17)

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