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Joinville-le-Pont au jour le jour

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La vie locale sur les bords de Marne


Emplois tremplin: çà marche, mais pas pour la cible prévue

Publié par Benoit Willot sur 14 Décembre 2008, 00:09am

Catégories : #Emploi

Dans un rapport présenté le 20 novembre 2008, le conseil régional d’Île de France, tire le bilan de son programme régional emplois-tremplin en direction des associations, qui a été lancé pour l’emploi de jeunes et d’habitants des quartiers. Ce vote intervient aux deux-tiers du mandat de l’assemblée élue en 2004. Les emplois tremplin sont, sous divers noms et selon des modalités disparates, mis en œuvre dans la plupart des régions gouvernées par la gauche depuis 2004.

Une évaluation s’est déroulée entre décembre 2007 et mai 2008, réalisée par le cabinet Plein sens.

Le rapport de Jean-Paul Brunel, vice-président (Pcf) en charge de la formation, dresse un bilan positif du dispositif qui aurait constitué « un tremplin pour les associations et pour les salariés ». Lancé en octobre 2004, le programme entendait créer 10 000 postes pendant la mandature 2004-2010 et avait avec trois objectifs : accompagnement vers l’emploi des publics rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle, appui aux politiques régionales ainsi que soutien aux associations et à l’économie sociale et solidaire.

En mai 2006, quelques ajustements avaient été apportés aux conditions de départ : ouverture à quatre nouvelles catégories d’employeurs (SCIC, SCOP, GEIQ, Entreprises d’insertion sous statut SA) et élargissement des publics éligibles : les allocataires du RMI et les demandeurs d’emploi domiciliés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Le rapport d’évaluation s’appuie sur l’analyse de données chiffrées transmises par les services mais aussi sur des entretiens réalisés auprès des bénéficiaires et un « benchmark » auprès de cinq régions françaises.

Les bénéficiaires du dispositif emplois-tremplin se sont déclarés « très satisfaits » du financement permettant le développement de l’association et des effets induits à plus long terme à la fois sur la création d’autres emplois, le développement local et la création de services.

Mais le rapport souligne que le dispositif « ne remplit que partiellement son autre fonction d’insertion des publics » : les recrutés sont le plus souvent qualifiés même s’il s’agit en majorité aux jeunes de moins de 27 ans (60%). L’objectif quantitatif de 10 000 postes ne sera pas atteint, puisque 2 382 postes seulement ont été ouverts en novembre 2008 et qu’ils ne sont pas tous occupés.

Enfin, les partenariats fonctionnent mal. Avec les six conseils généraux associés, ils sont jugés « guère productifs et source de mécontentements importants, la co-instruction n’existant pas ». Quant aux fédérations associatives, elles « expriment une insatisfaction grandissante par rapport à la gouvernance du dispositif dont elles se sentent exclues. »

Pour remédier aux difficultés et renforcer l’intérêt de l’action régionale, le conseil a décidé d’amender son programme de manière conséquente. Au lieu du découpage antérieur en secteurs d’intervention (santé, sport, action sociale, etc.) il est décidé de retenir trois familles de postes emplois-tremplin : insertion, projet, et créateurs.

Les « emplois-tremplin insertion » veulent conforter la dimension qui concerne le soutien aux publics en difficulté et de bas niveaux de qualification. La région relève que « la dégradation récente du marché du travail va accroitre les difficultés d’insertion sur le marché du travail de ce type de public. »

Deux types de situations seront pris en compte : les chômeurs de bas niveau de qualification et les personnes inscrites dans un parcours d’insertion par l’activité économique.

Les « emplois-tremplin projet » poursuivent le rôle d’appui à la vie associative en confortant la fonction employeur des associations. Le tissu associatif francilien représente 64 800 structures dont 19 828 employant 489 400 salariés au total mais seulement 174 200 équivalents temps plein (ETP).

Au lieu de porter sur des projets particuliers, il est convenu que l’instruction portera désormais sur le contenu du projet général de l’association.

Enfin, les « emplois-tremplin créateurs » constituent une innovation sur le plan local. Elle vise à soutenir les créateurs d’entreprise à fort potentiel, issus des territoires prioritaires au titre de la politique de la ville, pour leur faire bénéficier d’un parcours sécurisé de création.

Je reviendrai dans un prochain article sur cette nouveauté.

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