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Benoit Willot

Ancien conseiller municipal de Joinville le Pont (France, Val de Marne)

58 ans, chargé de mission dans un organisme d'emploi et de formation

benoitwillot@joinville-le-pont.info

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 23:09

En grève depuis le 19 janvier 1910, 240 employés de l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont n’ont pas repris le travail fin mars. La direction, qui a tenté de faire appel à une organisation de non-grévistes, le syndicat des jaunes, a dû y renoncer. Mais la tension ne baisse pas pour autant. Au sein du personnel, un certain essoufflement apparaît après presque trois mois de conflit ; des ouvriers ont des entrevues avec les directeurs de l'usine au sujet d’une reprise du travail et une pétition est lancée par quelques uns d’entre eux.

L'usine du Bi-Métal était gardée par la gendarmerie et la police, mais devant la violence des affrontements, le gouvernement juge que c’est insuffisant et fait appel à l’armée : chasseurs à pied et dragons viennent donc faire la garde à Joinville, à partir du 11 avril.

Le 12 avril, Gaspard Ingweiller, dirigeant de l’Union des métaux de la Seine (Cgt) et chef du mouvement lancé à Joinville, est arrêté après une course poursuite. Il se rendait à la gare de Joinville pour y prendre le train pour Paris. Au moment où il pénètre dans la salle de distribution des billets, il y reconnaît quelques inspecteurs de police en civil. Il sort alors, et veut prendre le tramway qui rejoignait la porte de Vincennes, mais un policier à bicyclette lui barre le passage. Ingweiller tenta alors de se perdre dans le bois de Vincennes, mais un autre agent en civil se mit à sa poursuite et l'arrêta. Il était porteur d'un revolver. Conduit au commissariat, puis envoyé au dépôt, il est inculpé d'entraves sérieuses à la liberté du travail.

Six autres personnes sont inculpées le même jour, pour entraves à la liberté du travail et violences, mais sans être mises en prison. Mais six autres grévistes du Bi-Métal avaient comparaissaient, le même 12 avril, devant le tribunal correctionnel, pour entrave à la liberté du travail, outrages aux agents et port d'arme prohibée ; le 27 mars, ils avaient attaqué à coups de pierres el de bâtons des travailleurs non-grévistes. L’un d’entre eux est aussi condamné pour infraction à la loi sur les étrangers : François Lucchi est condamné à deux mois de prison ; un autre membre de la famille, arrivée à Joinville en 1901, Jean, considéré comme « ayant agi sans discernement », est acquitté ; un troisième Lucchi, Jacques, sera dans les années 1920 dirigeant des jeunesses communistes, responsable du club sportif ouvrier de Saint-Maur Joinville.

Les autres condamnés sont Elipoura (deux mois de prison) ; Bluche et Florence (trois mois chacun). Une femme fait également partie du groupe, Catherine Thomé, envoyée derrière les barreaux pour quinze jours.

 (à suivre)

Ø      Pour en savoir plus : Le Petit Parisien, L’Humanité et La Croix, numéros d’avril 1910.

 1910_Bi-metal_atelier5.jpg Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

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Published by Benoit Willot - dans histoire
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