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Benoit Willot

Ancien conseiller municipal de Joinville le Pont (France, Val de Marne)

58 ans, chargé de mission dans un organisme d'emploi et de formation

benoitwillot@joinville-le-pont.info

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 23:02

La Compagnie française du Bi-Métal, fondée en 1892, emploie au tournant du siècle 240 ouvriers à Joinville-le-Pont, produisant du fil mélangeant cuivre et acier pour le téléphone, et réalisant également des produits en laiton ou du cuivre rouge pour l’industrie.

Après la catastrophe de 1895, une explosion qui tue quatre personnes et en blesse six autres, l’usine va à nouveau prouver qu’elle est une installation non sans risques. Le 5 avril 1899, un violent incendie se déclare dans la nuit, à 3 heures, dans un des bâtiments de l'usine. Grâce à la mobilisation d’importantes forces de sapeurs-pompiers, le feu qui menaçait de prendre des proportions considérables, est éteint après deux heures de travail.

Mais les accidents industriels ne sont pas les seuls risques pour l’entreprise. En 1904, la direction de l’usine constate la disparition quotidienne de grandes quantités de cuivre et autres métaux. Elle chiffrera le préjudice subi à près de cent mille francs. La Sûreté (préfecture de police de Paris) décide d’enquêter d’une façon originale. Deux inspecteurs MM. Vigneron et Augier, se font embaucher début 1905 comme mécaniciens et travaillent en tant qu’ouvriers pendant quinze jours.

Les policiers masqués identifient alors un certain Charles B., ajusteur, âgé de quarante-deux ans, qui habite Joinville. Une perquisition, opérée le 27 janvier 1905 à son domicile par le commissaire de police de Joinville, M. Rogeaux, permet de découvrir du cuivre et des pièces détachées, pour une valeur de 1 000 francs, et 7 000 francs en liquide, provenant d'une vente de matières volées. Six ouvriers, qui sont désignés comme ses complices, ont été priés de se tenir à la disposition de la justice.

Mais le directeur de l’usine, M. Franklin, allait avoir une surprise : le lendemain de l'arrestation de ses sept ouvriers, les fuites de matière n’ont pas cessé. Le 28 janvier, les inspecteurs reviennent et se saisissent cette fois de deux charretiers, nommés Jules H. et Eugène L. ; ils emportaient dans leur voiture, dissimulés sous des détritus, plusieurs volumineux sacs de rognures de cuivre.

Constatant qu'ils sont filés, ils tentent de se débarrasser de leurs colis en les jetant à la Marne. Mais ils sont interpellés avant d’y arriver.

Un siècle plus tard, le vol de matières premières est la plaie des autoroutes et autres réseaux. C’est une des explications de l’arrêt, depuis plus d’un an, de la voie auxiliaire des autoroutes A4 et A86.

(à suivre)

Ø      Pour en savoir plus : Le Matin, 28 et 29 janvier 1905.

 1910_Bi-metal_atelier.jpgUn atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

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Published by Benoit Willot - dans histoire
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