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Joinville-le-Pont au jour le jour

Joinville-le-Pont au jour le jour

La vie locale sur les bords de Marne


Morel, combattant de la libération de Joinville

Publié par Benoit Willot sur 24 Août 2010, 23:07pm

Catégories : #histoire

D’une famille d’origine bretonne, Ange Morel, naît le 24 juillet 1906 à Bouillé-Ménard, dans le Maine-et-Loire, où son père est venu travailler dans les ardoisières d’Anjou.

Il vit à Fougères, puis à Cholet avant de s’installer en 1931 à Paris. Il habite un petit pavillon à Saint Maur (Val de Marne) à partir de 1932 et adhère alors au Parti communiste. Il exercera divers métiers, comme figurant de cinéma, marchand de légumes, manœuvre chez Renault ou standardiste à l’agence Havas (l’ancêtre de l’AFP).

Ange Morel est arrêté le 13 janvier 1941 à Saint Maur, puis transféré dans plusieurs camps : Châteaubriant d’abord, Voves en 1942 puis Pithiviers où il arrive fin 1943 ou début 1944. Ange Morel est économe du camp. Il prépare une évasion avec 19 autres militants communistes, dont Louis Dolly, ancien maire de Villejuif. Ils s’évadent le 15 mars 1944 en creusant un tunnel sous l’économat.

Les évadés ne seront pas repris, sauf un. Ange Morel s’engage dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il participe à la libération de Paris, puis à la bataille du pont de Joinville.

Engagés le 25 août, alors que Paris est déjà libre et que le comité de Libération de Joinville-le-Pont occupe la mairie depuis le 20 août 1944, les violents combats opposent des allemands qui veulent quitter la capitale et faire sauter le pont, aux forces de la résistance. Le 22 août, des membres des FFI, des FTP et des cheminots résistants avaient dressé des barricades sur le pont et rue Chapsal.

Ange Morel combat avec près de lui un comédien populaire, Raymond Aimos et un clochard, qui avait juré, pendant l’occupation, qu’il tuerait un Allemand. Il le fait, mais les deux hommes sont mort lors de la bataille, comme 17 autres du côté français.

La famille d’Ange Morel s’était installée à Joinville-le-Pont, dans l’ancienne rue du Canal, vers 1943. C’est là qu’il est venu habiter après être sorti de la clandestinité. L’ancien résistant devient membre de la délégation spéciale qui fait fonction de conseil municipal à partir du 13 octobre 1944. Il est élu conseiller municipal le 29 avril 1945 avec plusieurs autres résistants sur la liste de Robert Deloche, maire communiste de Joinville-le-Pont.

Tout en exerçant des responsabilités comme secrétaire à l’organisation de la fédération Seine Sud du parti communiste, Ange Morel travaille à la Centrale sanitaire internationale, une organisation satellite du Pcf. Il est secrétaire de Léon Mauvais, membre du Conseil de la République (Sénat) en 1947-1948.

Il exerce des responsabilités de plus en plus importantes, comme permanent, d’abord comme envoyé du Pcf dans le Puy-de-Dôme puis comme secrétaire fédéral dans l’Orne. À ce poste, il est confronté à une réduction des financements internes de l’organisation communiste, et doit reprendre un travail salarié en tant que représentant en vins.

Maurice Thorez, secrétaire général du Pcf, l’écartera de sa fonction pour s’être « embourgeoisé » dans son nouveau travail. Il meurt en 1978.

Sa fille, Colette Morel, qui fut publicitaire et journaliste dans des publications culturelles communistes, a raconté les relations difficiles qu’elle entretenait avec son père dans un témoignage, Ma vie en rouge, paru en 2004.

  • Colette Morel : Ma vie en rouge, Cheminements, 2004 (disponible à la bibliothèque Louis Aragon de Joinville-le-Pont)

Morel Ange 1947

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