Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Joinville-le-Pont au jour le jour
  • Joinville-le-Pont au jour le jour
  • : Information sur Joinville-le-Pont et le Val-de-Marne, Politique, urbanisme, économie, emploi, environnement, culture, logement, sports, élections, vie locale
  • Contact

Recherche

Benoit Willot

Ancien conseiller municipal de Joinville le Pont (France, Val de Marne)

58 ans, chargé de mission dans un organisme d'emploi et de formation

benoitwillot@joinville-le-pont.info

 

Joinville-le-Pont au jour le jour est compatible avec tous les téléphones portables permettant un accès à internet :

21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 23:06

Le dimanche 25 avril 2010, on commémore le 65ème anniversaire de la Libération des camps de concentration nazis. À Joinville-le-Pont, une cérémonie à lieu au cimetière, à 10h30.

Je voudrais profiter de cette occasion pour rendre hommage à Annie de Montfort qui fut écrivain et amoureuse de la Pologne avant d’entrer en résistance et d’en mourir.

Annie, née Arthémise Deguirmendjian-Shah-Vekil, dite, voit le jour le 16 décembre 1897 à Paris. Son père et sa mère, d’origine arménienne, son nés en Turquie et ont fui le pays suite au génocide de 1915. Annie fait des études de médecine et s’installe à Paris pendant le premier conflit mondial.

Elle épouse en 1919 Henri Archambault de Montfort, un spécialiste des questions de l'Est européen, professeur à l'Institut des hautes études internationales et au Centre d'études polonaises de Paris, avec lequel elle publiera plusieurs livres. Ils auront quatre enfants.

Visitant avec son époux l’Europe du Nord-Ouest, Annie de Montfort est co-fondatrice en 1919 de l'Association France-Pologne et en devient la déléguée générale.

Annie de Montfort s’engage très tôt dans la Résistance dès le début de la guerre avec son mari Henri de Montfort, alors directeur des services de l’Institut de France. Ils fondent un journal d’inspiration catholique, La France Continue avec plusieurs intellectuels, comme les écrivains Marietta Martin et Paul Petit, l’historien Émile Coornaert ou le professeur Raymond Burgard.

Douze numéros du journal paraissent entre juin 1941 et février 1942. Imprimé avec soin, au ton violemment anti-Vichy, le journal est un des premiers à évoquer avec précision le sort des Juifs. Son attachement aux valeurs chrétiennes fait qu’il touche, avec dix mille exemplaires diffusés clandestinement, un public différent des réseaux de gauche.

Le réseau est démantelé en février 1942, avec l’arrestation de plusieurs de ses membres. Raymond Burgard, Marietta Martin et Paul Petit mourront en prison en Allemagne en 1944, après avoir été condamnés à mort suite à un simulacre de procès.

Annie de Montfort, qui échappe à la rafle de 1942, continue son activité clandestine. Elle est arrêtée le 18 mars 1943 à Grenoble par la Gestapo pour ses activités de résistance. Internée à Fresnes (Val de Marne), elle fait partie des 959 femmes déportées par le transport 175, parti le 31 janvier 1944 depuis Compiègne jusqu’au camp de Ravensbrück. Elle y porte le matricule 27576.

À Ravensbrück, Annie de Montfort participe à la mise en place de structures de résistance avec notamment Émilie Tillion, mère de Germaine Tillion, sociologue saint-maurienne récemment décédée. Les instigatrices du mouvement mènent une action d’éducation. Annie de Montfort organise des conférences sur le vieux Paris et sur l’histoire de la Pologne.

Malade, Annie de Montfort entre au Revier, le dispensaire du camp, le 6 novembre et y meurt le 10 novembre 1944. Germaine Tillion, également internée à Ravensbrück, témoigne qu’Annie de Montfort « quelques minutes avant sa fin, appelait un chauffeur imaginaire. »

Marietta Martin, autre femme écrivain, également engagée dans le mouvement La France Continue meurt le lendemain. La région parisienne était déjà libérée depuis trois mois.

Annie de Montfort a été décorée après sa mort, à titre militaire, de la Légion d’honneur et de la croix d’or polonaise du mérite avec glaives.

Parmi les œuvres d’Annie de Montfort, on lira toujours avec intérêt et curiosité deux guides « Pologne », l’un publié chez Hachette, dans la collection « Les Guides Bleus » à Paris en 1939, l’autre repris aux Éditions Nagel à Genève et publié en 1964.

Partager cet article

Repost 0
Published by Benoit Willot - dans histoire
commenter cet article

commentaires

Comité de Relecture 27/04/2010 15:54



C'est avec beaucoup d'intérêt que je lis les articles de votre blog. En plus du quotidien de Joinville dont nous ne sommes pas informés par les "voies officielles", nous trouvons des sujets
d'ordres généraux et/ou historiques qui attirent et retiennent l'attention.


Votre article sur la "résistance et les camps de concentration" en hommage à Annie de Montfort, est traité avec dignité et un grand respect, comme il se doit pour ces résistants qui ont donné
leur vie pour la France. Beaucoup, je pense, seront d'accord avec ces quelques lignes.


Cependant, en ouvrant le "Joinville-Mag" du mois d'avril, j'ai été choquée de lire que la Commémoration de la Journée Nationale du Souvenir des Victimes et Héros de la Déportation se
déroulait ..Scène Prévert : Comment peut-on être aussi irrespectueux envers ces personnes qui méritent bien plus que l'amateurisme et le manque de rigueur dans la rédaction des articles du
magazine de Joinville ; il est vrai que le "Comité de lecture" est toujours inexistant dans l'ours de la publication !!


 



Articles Récents

Urbanisme

L’avis publié le 6 mars 2010 par le commissaire enquêteur sur la création de la zone d’aménagement concerté (Zac) des Hauts de Joinville et la modification du plan local d’urbanisme (PLU) liée à cette opération est devenu défavorable avec le refus, par la majorité municipale, d’accéder aux réserves obligatoires formulées dans ce document.

L’enquête d’utilité publique la modification du plan local d’urbanisme concernant plusieurs zones d’activités tertiaires a lieu du 15 février au 15 avril 2010. Elle a porté principalement sur l’augmentation de la possibilité de construire sur l’actuel parking de la gare RER. Mais elle concernait aussi d'autres zones de Joinville comme la zone cinématographique Charles Pathé, le terrain de l'usine Eaux de Paris et la rue des Platanes.

Elections européennes