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Joinville-le-Pont au jour le jour

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La vie locale sur les bords de Marne


Scène de la vie ordinaire (avec maréchal en gandoura)

Publié par Benoit Willot sur 4 Octobre 2010, 23:07pm

Catégories : #sans papiers

 

Mme C. est marquée par la mémoire d’un maréchal de France, réputé conservateur. Elle fait ses études au lycée français de Casablanca (Maroc), baptisé du nom du maréchal Lyautey. Aujourd’hui, elle travaille comme directrice des ressources humaines dans une société parisienne.

 

Mais, si elle réside dans le Val de Marne, est mariée avec un français, vit et travaille dans notre pays depuis onze ans, Mme C. est cependant de nationalité étrangère. Elle dispose de papiers en règle, une carte de séjour qu’il lui faut renouveler tous les ans. Comme celle-ci vient à expiration mi-novembre, Mme C. prend la précaution de se rendre à la sous-préfecture de Nogent sur Marne dès le 30 septembre, pour prendre rendez-vous comme elle le fait tous les ans.

Après deux heures et demi d’attente, elle se voit proposer un rendez-vous… le 3 février prochain, soit dans 5 mois.

Comme elle demandait la raison d’un rendez-vous aussi éloigné dans le temps, on lui a répondu qu'il y a eu des suppressions de postes et que les agents sont en sous-effectifs... Mme C. demande, à défaut, un récépissé qui lui permettrait de circuler a l'intérieur et à l'extérieur du territoire français sans être inquiétée par les services de police. On lui a répondu que ce n'était pas possible et qu’elle devait attendre le 3 février pour avoir des papiers justifiant de sa présence sur le territoire.

Après plus de 11 ans passés en France, 6 ans d'activité professionnelle, et qu’elle est mariée en France à un citoyen Français, une telle situation met en danger sa situation professionnelle : elle doit se déplacer pour raisons professionnelles à l'étranger, fin novembre et courant décembre. Comment circuler avec une simple convocation a un rendez-vous qui a lieu en février ?

Pendant plusieurs mois, Mme C. va donc se retrouver, faute d'effectifs suffisants dans la sous-préfecture, dans une situation irrégulière. Elle sera ainsi, au moins techniquement, une « sans-papiers. »

Voici ce qu’écrivait Lyautey en 1895, en pleine affaire Dreyfus, alors que la droite à laquelle il était apparenté affirmait la culpabilité du capitaine dans un pseudo-complot contre la France : « ce qui ajoute à notre scepticisme, c'est qu'il nous semble discerner là une pression de la soi-disant opinion ou plutôt de la rue [...] Elle hurle à la mort contre ce Juif, parce qu'il est Juif et qu'aujourd'hui, l'antisémitisme tient la corde. »

Si l’on remplaçait « juif » par « étranger » et « antisémitisme » par « xénophobie », peut-être les paroles de l’ancien résident général du Maroc auraient-ils quelque résonnance avec la situation actuelle.

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