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Joinville-le-Pont au jour le jour

Joinville-le-Pont au jour le jour

La vie locale sur les bords de Marne


Vive la république universelle

Publié par Benoit Willot sur 9 Novembre 2011, 23:51pm

Catégories : #histoire

Le 12 novembre 1918, le quotidien (alors socialiste) L’Humanité, dont le fondateur Jean Jaurès avait été assassiné juste avant le début des hostilités, saluait comme il se doit les évènements qui accompagnaient la signature de l’armistice, signé la veille.

Le texte signé à Rethondes prévoyait aussi la réintégration de l’Alsace et de la Lorraine dans le territoire national. L’assemblée nationale, en séance en ce jour de la fin de la guerre, acclame Georges Weill, présent dans les tribunes du public. Il avait été élu en 1912 député socialiste de Metz au Reichstag allemand. En 1914, il avait rejoint l’armée française.

Ce que le journal de gauche retenait, plus même que les clauses diplomatiques et militaires de l’arrêt des combats, c’était que les armes allaient cesser, que l’Allemagne n’était plus un empire, et que l’on pouvait rêver à une « république universelle ».

Le syndicat Cgt voulait une « réconciliation des peuples » et mettait en garde, avec une clairvoyance à signaler, contre « tout entraînement chauvin » qui, sous prétexte de maintien de l’ordre, s’attaquerait aux régimes nouveaux en Russie, Allemagne et Autriche.

La veille, dans le même journal, le maire de Champigny et député de la circonscription qui comprenait Joinville, Albert Thomas, signait une tribune aux accents prophétiques : il protestait contre l’appui donnait par la France aux troupes réactionnaires russes, mais en même temps précisait « nous n’en refusons pas moins de donner en exemple aux travailleurs de France les actes des bolcheviks ». Il assurait avoir entendu « les cris de douleur des socialistes, ouvriers démocrates ou révolutionnaires » et indiquait préférer la « puissance politique » du suffrage universel aux moyens révolutionnaires. Une mise au point le lendemain précisera que le point de vue du député signé par nombre de militants socialistes était celui d’un courant minoritaire.

Les débats politiques de la fin de la guerre portaient déjà sur les tensions qui allaient provoquer les prochains conflits.

 

1918 11 12 Huma

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