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Benoit Willot

Ancien conseiller municipal de Joinville le Pont (France, Val de Marne)

58 ans, chargé de mission dans un organisme d'emploi et de formation

benoitwillot@joinville-le-pont.info

 

Joinville-le-Pont au jour le jour est compatible avec tous les téléphones portables permettant un accès à internet :

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 00:01

Au moment où est en cours la fusion de géants de la lunetterie (l’italien Luxottica et le français Essilor), il n’est pas inutile de rappeler la curieuse origine du second, et son ancrage avec l’histoire politique et sociale locale, et notamment le Val-de-Marne, le groupe mondial ayant d’ailleurs annoncé qu’il maintenait son siège social à Charenton-le-Pont.

Au départ, nous avons treize ouvriers parisiens qui, en 1849 constituent l'Association fraternelle des ouvriers lunetiers qui rachètent, à crédit, le matériel de deux artisans et s’installent rue Saint-Martin à Paris (3e arr.). Ils affichent un emblème (un niveau) et une devise : « Solidarité entre les travailleurs. »

Au commencement de 1848, l'industrie de la lunetterie était peu importante à Paris : la plus grosse entreprise avait moins de 15 salariés ; les salaires étaient plutôt meilleurs que dans les autres branches économiques. Cependant, les nouveaux coalisés vont renoncer, pendant quelques années, à une grande partie de leurs revenus parce qu’ils ont été nourris par les écrits de Saint-Simon, de Fourier, de Proudhon, et surtout ceux du journal l'Atelier, et qu’ils veulent acquérir leur indépendance. En 1848, la République ayant voté des fonds pour faciliter la création de sociétés ouvrières de production.

On en vit surgir en peu de mois environ 200, qui vont disparaître pour a plupart dès que le régime impérial, en 1852, s’attaque à toutes les formes d’organisation républicaine. Cependant, à l’image de ce qui se fait en Angleterre ou en Allemagne, les associations subsistantes vont retrouver de la vigueur dans les années 1860.

Parmi elles, la Société des Lunetiers, transformation sous forme coopérative de l'Association fraternelle, va connaître une évolution unique. Diversification de son catalogue, nombreuses innovations techniques, acquisition de plusieurs usines, notamment dans l'Est de la France, ouverture d’une filiale à Londres : le groupe a déjà 1 200 salariés en 1900, un chiffre qui va sans cesse croitre. Le nom Société des Lunetiers ou SL deviendra ensuite Essel puis Essilor après sa fusion avec une autre société d’optique, Silor. Le statut coopératif abandonné, le groupe reste cependant avec une politique sociale qui reste marquée par la tradition de participation des salariés.

Trois Joinvillais sont liés aux débuts de l'Association fraternelle et de la Société des lunetiers. François Blaize (1824-1900), un des 13 fondateurs de la coopérative fut conseiller municipal de Joinville (1878-1896) et un philanthrope. Charles Eugène Videpied (1834-1900), en est le gérant pendant une vingtaine d’années à la fin du second empire, fut un militant radical-socialiste particulièrement actif à Joinville. Pierre Jules Tireau (1829-1900), libre-penseur fut également un des piliers du radical-socialisme naissant à Joinville. Tous trois furent, dès 1848, d’ardents républicains à une époque où beaucoup payèrent de leur vie ou de leur liberté un tel engagement. Ils étaient également liés à une autre figure de Joinville, Jules Ferdinand Baulard, Au moment où est en cours la fusion de géants de la lunetterie (l’italien Luxottica et le français Essilor), il n’est pas inutile de rappeler la curieuse origine du second, et son ancrage avec l’histoire politique et sociale locale, et notamment le Val-de-Marne, le groupe mondial ayant d’ailleurs annoncé qu’il maintenait son siège social à Charenton-le-Pont.

Au départ, nous avons treize ouvriers parisiens qui, en 1849 constituent l'Association fraternelle des ouvriers lunetiers qui rachètent, à crédit, le matériel de deux artisans et s’installent rue Saint-Martin à Paris (3e arr.). Ils affichent un emblème (un niveau) et une devise : « Solidarité entre les travailleurs. »

Au commencement de 1848, l'industrie de la lunetterie était peu importante à Paris : la plus grosse entreprise avait moins de 15 salariés ; les salaires étaient plutôt meilleurs que dans les autres branches économiques. Cependant, les nouveaux coalisés vont renoncer, pendant quelques années, à une grande partie de leurs revenus parce qu’ils ont été nourris par les écrits de Saint-Simon, de Fourier, de Proudhon, et surtout ceux du journal l'Atelier, et qu’ils veulent acquérir leur indépendance. En 1848, la République ayant voté des fonds pour faciliter la création de sociétés ouvrières de production.

On en vit surgir en peu de mois environ 200, qui vont disparaître pour a plupart dès que le régime impérial, en 1852, s’attaque à toutes les formes d’organisation républicaine. Cependant, à l’image de ce qui se fait en Angleterre ou en Allemagne, les associations subsistantes vont retrouver de la vigueur dans les années 1860.

Parmi elles, la Société des Lunetiers, transformation sous forme coopérative de l'Association fraternelle, va connaître une évolution unique. Diversification de son catalogue, nombreuses innovations techniques, acquisition de plusieurs usines, notamment dans l'Est de la France, ouverture d’une filiale à Londres : le groupe a déjà 1 200 salariés en 1900, un chiffre qui va sans cesse croitre. Le nom Société des Lunetiers ou SL deviendra ensuite Essel puis Essilor après sa fusion avec une autre société d’optique, Silor. Le statut coopératif abandonné, le groupe reste cependant avec une politique sociale qui reste marquée par la tradition de participation des salariés.

Trois Joinvillais sont liés aux débuts de l'Association fraternelle et de la Société des lunetiers. François Blaize (1824-1900), un des 13 fondateurs de la coopérative fut conseiller municipal de Joinville (1878-1896) et un philanthrope. Charles Eugène Videpied (1834-1900), en est le gérant pendant une vingtaine d’années à la fin du second empire, fut un militant radical-socialiste particulièrement actif à Joinville. Pierre Jules Tireau (1829-1900), libre-penseur fut également un des piliers du radical-socialisme naissant à Joinville. Tous trois furent, dès 1848, d’ardents républicains à une époque où beaucoup payèrent de leur vie ou de leur liberté un tel engagement. Ils étaient également liés à une autre figure de Joinville, Jules Ferdinand Baulard, qui fut conseiller municipal de la commune, conseiller général du canton de Charenton et, pendant trois mandats à la fin du 19e siècle, député du département de la Seine.

Avec plus ou moins de vigueur, on les retrouve tous quatre dans ce qui était alors l’extrême-gauche parlementaire, le radicalisme naissant ; ils sont également francs-maçons et libres-penseurs. Ils vont, avec quelques alliés comme l’artisan Alphonse Demeestère et le journaliste Henry Vaudémont, transformer le canton de Charenton (plus de la moitié de l’actuel Val-de-Marne) et singulièrement la ville de Joinville en un fief de cette gauche laïque et ancrée dans le mouvement ouvrier, notamment dans l’émergence de ce qu’on n’appelait pas encore alors l’économie sociale et solidaire, mais qui en est l’ancêtre. Le fils de Tireau, Stéphane Albert, lui aussi joinvillais, travailla également avec la Société des lunetiers et fut aussi, avant sa mort à 41 ans, un propagandiste actif des mêmes idées.

Les liens de Joinville avec l’actuelle Essilor ne s’arrêtent pas là. La société Télégic, qui deviendra Silor après sa fusion avec Lissac, en implantée dans la commune ; pendant les années 1930, c’est un des foyers du communisme local avec Henri Gaillon et Henri Tabouret.

L’ingénieur Bernard Maitenaz, né en 1926 à Joinville, fut l’inventeur en 1959 du verre Varilux, qui a fait depuis le succès d’Essilor.

Enfin, les terrains de l’avenue du maréchal Leclerc accueillaient une usine de monture, vendue ensuite à Luxury Eyewear puis à Cartier, et démolis en 2016.

Avec plus ou moins de vigueur, on les retrouve tous quatre dans ce qui était alors l’extrême-gauche parlementaire, le radicalisme naissant ; ils sont également francs-maçons et libres-penseurs. Ils vont, avec quelques alliés comme l’artisan Alphonse Demeestère et le journaliste Henry Vaudémont, transformer le canton de Charenton (plus de la moitié de l’actuel Val-de-Marne) et singulièrement la ville de Joinville en un fief de cette gauche laïque et ancrée dans le mouvement ouvrier, notamment dans l’émergence de ce qu’on n’appelait pas encore alors l’économie sociale et solidaire, mais qui en est l’ancêtre. Le fils de Tireau, Stéphane Albert, lui aussi joinvillais, travailla également avec la Société des lunetiers et fut aussi, avant sa mort à 41 ans, un propagandiste actif des mêmes idées.

Les liens de Joinville avec l’actuelle Essilor ne s’arrêtent pas là. La société Télégic, qui deviendra Silor après sa fusion avec Lissac, en implantée dans la commune ; pendant les années 1930, c’est un des foyers du communisme local avec Henri Gaillon et Henri Tabouret.

L’ingénieur Bernard Maitenaz, né en 1926 à Joinville, fut l’inventeur en 1959 du verre Varilux, qui a fait depuis le succès d’Essilor.

Enfin, les terrains de l’avenue du maréchal Leclerc accueillaient une usine de monture, vendue ensuite à Luxury Eyewear puis à Cartier, et démolis en 2016.

Telegic Essilor

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 00:02
Célébration de la libération de Joinville-le-Pont
Célébration de la libération de Joinville-le-Pont

C’est le 20 août 1944 que le comité de Libération de Joinville-le-Pont occupe la mairie assurant ainsi la fin du régime d’occupation dans la commune. Le 22 août, des membres des FFI, des FTP et des cheminots résistants avaient dressé des barricades sur le pont et rue Chapsal. Le 25 août, de violents combats ont lieu sur le pont de Joinville, faisant 19 tués parmi les français.

Le comité local de libération assure une autorité transitoire, puisqu’il va céder la place le 13 octobre 1944 à une délégation spéciale, mise en place officiellement – sur sa proposition – pour remplacer la municipalité désignée par les autorités de Vichy. Il continuera cependant d’exister en tant qu’instance représentative des mouvements de résistance.

Le président du comité est Henri Drevet, qui représente le mouvement « Ceux de la Résistance » et est affilié au parti radical-socialiste. Né en 1886 au Mans (Sarthe), il est commerçant et se marie en 1910 à Joinville avec Blanche Berthelot. Il va siéger en tant qu’adjoint dans les municipalités de gauche jusqu’en 1947, puis démissionnera de cette fonction suite à un désaccord avec le maire communiste Robert Deloche ; il siègera alors en tant que conseiller municipal. Henri Drevet meurt en septembre 1966 à Chartres (Eure-et-Loir).

Les autres membres du comité étaient Léon Berthet, socialiste Sfio ; André Blocher, Arac (anciens combattants de 1914-1918) ; François Decrombecque, représentant l’OCM (Organisation civile et militaire, gaulliste) ; Robert Deloche, communiste, qui devient maire de Joinville ; René Henry, délégué par le mouvement Libération ; Pierre Lambert, mentionné comme indépendant ; André Malcouronne, au titre du syndicat Cgt ; Victor Mathieu, délégué du Front national (mouvement de résistance, proche du Pcf) ; Moutenot et Maréchal, venant du Mouvement de libération nationale MLN ; et enfin, la seule femme, Amélie Trayaud, qui est là pour la branche féminine du Front national – elle sera en 1953 maire de Joinville-le-Pont.

La commémoration du 70ème anniversaire de la Libération a lieu dimanche 7 septembre 2014 à 10h15 sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Joinville-le-Pont.

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 00:03

L'association joinvillaise « La Mémoire au Présent » a connu quelques turbulences, avec la démission de son ancien président Mickael Garçon au printemps, le retrait d’autres membres et la fermeture de son premier site internet. Mickael Garçon a été candidat (non élu) sur les listes municipales d’Olivier Dosne (Ump) en 2008 et 2014.

En mars une assemblée générale a renouvelé le bureau et a désigné à sa tête Daniel Tudeau, également candidat (non élu) sur la liste municipale d’Olivier Dosne (Ump) en 2014.

L'association veut « rappeler à la mémoire des habitants, jeunes et moins jeunes, le passé historique, industriel, sportif, culturel et touristique de la commune de Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne ». Elle travaille sur la recherche, la collecte, l'étude et l'archivage des traces du passé dans l'objectif d'organiser entre autres des expositions.

Elle a réalisé en 2011 une exposition sur les anciens maires de Joinville-le-Pont. Elle s’associe en 2014 aux commémorations du centenaire de la guerre 1914-1918.

Un nouveau site internet a été mis en place : www.lamemoireaupresent.com

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Published by Benoit Willot - dans histoire associations
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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 00:02
Carte de Joinville-le-Pont, 1865
Carte de Joinville-le-Pont, 1865

Fils cadet d’une compositrice et salonnière, la comtesse Anaïs Pilté (voir Anaïs Pilté, comtesse du pape), et d’un très riche pionnier du gaz à Paris, Pierre Pilté (mort en 1853), Alphonse va se lancer dans une aventure industrielle.

Une forge a été créée vers 1834 sur le territoire de Joinville-le-Pont, qui vient tout juste d’échanger son ancien nom de « La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur » pour celui d’un fils du roi Louis-Philippe en 1831. Elle occupe un espace situé sur le tracé de l’actuel quai Pierre Mendès-France, à l’angle de la rue Henri Barbusse, à proximité du canal nouvellement créé et près du futur pont de Maisons-Alfort (qui sera construit trois-quarts de siècle plus tard).

La forge utilise une chute d'eau de 4 mètres qui actionne une roue, produisant une force de 40 à 50 chevaux. Sous le nom de « Forges de Saint-Maur », la société produit du fer de riblon, c’est-à-dire du métal fait à partir de ferraille de récupération. À l’époque, la lutte contre le gaspillage était d’actualité.

Elle est, avec celle de Grenelle, une des deux forges du département de la Seine présente à l'exposition des produits de l'industrie française, qui tient sa dixième édition en 1844. Les Forges disposent également d’un stand lors de l’exposition universelle de Paris en 1855.

Alphonse Pilté séjourne à Joinville pendant la guerre contre la Prusse. Brigadier à cheval dans une unité de volontaires (l’escadron Franchetti) pendant le siège de Paris, en 1870, il combat aux alentours du carrefour Pompadour, puis est affecté à la garde de l’état-major du général Ducrot, installé dans le château de Polangis, pendant la grande bataille de novembre et décembre, dite de Champigny, qui se déroule entre le pont de Joinville et la plaine du Tremblay.

Après-guerre, celui que le journal Le Figaro qualifie de « jeune et intelligent industriel », prend la direction des forges « après bien des vicissitudes ». Elles comptent alors plus d’une cinquantaine d’ouvriers et employés. Fin novembre 1872, la Marne connaît une très importante inondation. L’usine sera fermée pendant 25 jours. Le journal a ouvert une souscription en faveur des inondés, et des secours sont versés à 520 personnes de Joinville-le-Pont, dont les ouvriers de la forge, qui ont perdu toute rémunération pendant cette période. Le quotidien leur attribue 3 000 francs (équivalent en pouvoir d’achat actuel à 10 000 euros), ce qui représente un tiers des salaires perdus par les ouvriers.

Après l’eau, c’est la crise qui touche l’entreprise avec un « ralentissement considérable des affaires depuis le commencement de juin 1873, et par conséquent la gêne que subissent les ouvriers par le manque de travail », selon Alphonse Pilté, qui s’exprime toujours dans Le Figaro. Rappelons qu’il n’y a, à l’époque’ ni chômage, ni assurance sociale et que les salaires dépendent des heures travaillées.

Le maître de forges réside à Joinville. Il s’implique dans la vie locale, se faisant élire au conseil municipal en 1874 puis réélire en 1878. Le maire, Auguste Courtin, un conservateur rescapé du second empire, meurt en 1876 et cède la place à son adjoint, Louis Ferdinand Rousseau. Il sera remplacé en 1878 par Gabriel Pinson, premier maire franchement républicain de Joinville. Alphonse Pilté affiche d’ailleurs des convictions républicaines, même si sa famille a été annoblie par le pape Pie IX en 1869.

Venu d’un milieu très introduit dans la grande société parisienne, Alphonse Pilté n’en a pas moins une vie assez éloignée des règles de l’époque. Ainsi, Louise Françoise Pain lui donne deux filles hors mariage en 1868 et 1875, avant leurs noces à Paris en mai 1880. L’élu profère alors, sous serment, un gros mensonge. Son frère et lui déclarent que leurs parents « sont décédés et qu’ils ignorent le lieu de leur décès et leur dernier domicile. »

Ils seraient bien les seuls du Tout-Paris à méconnaitre que la comtesse, leur mère, habitait un splendide hôtel particulier, 57, rue de Babylone, devenu depuis le siège du conseil régional. Ils le savaient d’autant plus que c’est Alphonse lui-même qui a effectué, auprès de la mairie du 7e arrondissement, la déclaration du décès de sa mère, tout juste un an et demi plus tôt… Mais sans doute, peu soucieux des démarches administratives, voulait-il éviter d’avoir à fournir un certificat de décès.

Alphonse Pilté n’est pas réélu à Joinville en 1881. Il demeure depuis 1880 à Paris où il meurt, à l'âge de 52 ans, le 2 février 1891.

L’usine des forges pouruivra son activité. En 1879, elle est devenue Aciéries de Seine-et-Rhône, dirigée par un autre élu municipal, Émile Deiber. Elle sera rebaptise en 1892 Compagnie du Bi-Métal et sera reprise, dans les années 1960, par la société Pirelli après avoir emmenagé de l’autre côté du canal, à Saint-Maurice.

Plan de Joinville, avec indication des forges, en 1865.

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 00:01
Affiche, Joinville, 1916
Affiche, Joinville, 1916

Lorsque la guerre démarre, Joinville vient de sortir d’une série de consultations électorales, qui ont vu l’entrée en nombre de socialistes au sein du conseil municipal, même si la municipalité reste dirigée par des radicaux, derrière le maire, Achille Ernest Mermet, un chimiste.

Le quotidien L’Humanité, journal de Jean Jaurès jusqu’à son assassinat le 31 juillet 1914, relate l’importance des pertes subies au sein même des rangs socialistes. André Flambard, conseiller municipal de Joinville, blessé le 22 septembre, en traitement à Lyon. Né au Havre en 1881, élu en 1912, membre du bureau du parti Sfio en 1913, il reviendra vivant du conflit et rejoindra – comme la totalité des socialistes joinvillais – le parti communiste après-guerre ; il y restera actif au moins jusqu’en 1924.

Un autre pilier de la Sfio est lui aussi blessé au coude en octobre. Henri Tabouret, doreur sur bois, est né à Paris en 1889. Il réside dans le quartier de Polangis. Toujours parmi les socialistes, Boeuiller, enseignant, est blessé en novembre.

François Henri Paget, originaire de Haute-Savoie, où il enseigne, rejoint Joinville où il devient instituteur dans l’école du centre en février 1914. Il est un membre actif du Syndicat de la Seine et de la section Sfio. En octobre, il est blessé et transféré en traitement à Marseille. Il reprend le combat, est nommé sergent et est tué le 27 septembre 1915, dans la région d'Arras, par une balle au cœur. Il avait 26 ans et servait dans le 143e régiment d'infanterie.

Parmi les civils, on s’organise. Le journal Le Petit Parisien signale que, dès le 6 août, une milice communale a été mise en place à Joinville pour surveiller les voies de communication. Elle rassemble des « hommes de bonne volonté, honorablement connus, qui, par leur âge ou des situations spéciales, n'ont pas été appelés sous les drapeaux ». La nuit, elles doivent protéger les habitants contre les malfaiteurs. Dans la journée, les miliciens seront chargés du service d'ordre aux portes des mairies et aux endroits où leur présence serait jugée utile.

L’école du Parangon se transforme. Elle met en place en septembre une œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants pendant la guerre. Sous la responsabilité de Louise Rousseau, écrivain et femme du directeur de l’établissement, il s’agit « de recueillir et de soigner les pauvres petits dont le père, veuf ou divorcé, est appelé sous les drapeaux. »

Une affiche patriotique de la mairie de Joinville, 1916

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 00:07
Joinville en 1789

Que se passe-t-il dans la commune, il y a 225 ans, quand démarre la Révolution ?

Le petit village ne s’appelle pas encore Joinville-le-Pont (nom qu’il prendra en 1831). On parle alors du Pont-de-Saint-Maur. Ce n’est pas une paroisse indépendante sur le plan spirituel, car il est sous la responsabilité du curé de Saint-Nicolas de Saint-Maur. Les communes ne sont créées qu’en 1790. Mais ce n’est pas non plus un territoire totalement intégré à Saint-Maur (à laquelle il est rattaché depuis 1693, après avoir quitté le giron de Fontenay-sous-Bois) puisqu’il relève, depuis 1724, d’un rôle fiscal particulier.

En 1787, une paroisse de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur est d’ailleurs reconnue, au moment où, dans une tentative d’organisation administrative bien tardive, l’ancien régime crée des municipalités, arrondissements et départements. Le village et ses écarts, comme la ferme de Polangis, comptent plus de 400 habitants. Il vit principalement du commerce, notamment du bois, qui flotte sur la Marne jusqu’au pont où un déchargement est réalisé. Le passage du pont (le seul avec celui de Charenton, en proche amont de Paris) et les mariniers assurent une activité importante, tandis que l’agriculture reste significative.

Les villageois prennent-ils part à la préparation de la Révolution en rédigeant leurs revendications ? Il n’y en pas de traces. Un cahier de doléances est bien rédigé dans le voisinage, par la paroisse de La Varenne Saint-Maur, mais il semble que ni les habitants du Pont, ni ceux du bourg de Saint-Maur n’y aient pris part ; seuls les agriculteurs de la presqu’île, à La Varenne ou au Port de Créteil (actuel Pont de Créteil) y contribuent.

La commune n’est cependant pas à l’écart des événements du temps. Honoré-Gabriel Riqueti comte de Mirabeau (1749-1791), séjourne pour des raisons privées dans la ferme de Polangis entre le 21 et le 28 février 1789.

Ce bref passage marque les esprits du fait de la personnalité et du rôle politique majeur que joue celui qui sera, l’année suivante, le président de l’Assemblée nationale. Après sa mort, en 1791, l’abbé Bauche organise dans la chapelle communale Saint-Léonard un service solennel à sa mémoire.

Mirabeau

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 00:02
Thérèse Kouznietzoff, petite femme mais grande patriote

À l’occasion de la journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, dimanche 27 avril 2014, il est utile de se souvenir de Thérèse Kouznietzoff, décédée le 23 décembre 2013.

Née en 1919 de parents roumains, naturalisés français en 1930, Thérèse Litman, épouse Maurice Kouznietzoff, un employé de bureau arrêté à Paris dans la seconde grande rafle qui touche les juifs de la capitale, onze mois avant la rafle du Vel d'Hiv, le 20 août 1941. Interné à Drancy, déporté à Auschwitz le 22 juin 1942, il fait partie des 29 survivants sur les 999 personnes qui composèrent son convoi.

Thérèse Kouznietzoff est arrêtée sur dénonciation le 14 juillet 1944, alors qu’elle se rendait à une manifestation patriotique place de la République. Elle également internée à Drancy, puis déportée par le dernier convoi à quitter le camp parisien pour Auschwitz le 31 juillet 1944. Thérèse compte 283 rescapés sur les 1300 personnes de son convoi en avril 1945.

Nommée membre de la Commission nationale des déportés et internés politiques en 1998, Thérèse Kouznietzoff a été décorée de l’ordre du mérite, secrétaire générale de la section de Joinville-le-Pont de l’Association des déportés internés, résistants et patriotes (ADIRP). Elle est également restée secrétaire générale de l’ADIRP Val de Marne jusqu’à la dissolution de cette association, en novembre 2013.

C’est l’ancien président du conseil général du Val-de-Marne, Gaston Viens, lui aussi résistant et ex-maire d’Orly, qui lui a rendu hommage, estimant que « Thérèse était une grande dame, fragile, mais forte. »

Toute menue, elle témoignait chaque fois qu’on la sollicitait dans les écoles et participait à toutes les manifestations du souvenir, avec sérieux, mais en apportant à chaque fois un sourire qu’on sentait plein d’espoir.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 00:04

Hollande, l’insoumis ? Je ne veux évidemment pas parler du président de la République, bien qu’il ait plusieurs fois visité Joinville et qu’on ne peut le soupçonner d’être soumis à qui que ce soit. Je veux évoquer un de ses homonymes, qui vécut à Joinville-le-Pont pendant des heures sombres, avant de marquer par son action la vie sociale de l’après-guerre.

Jacques Hollande naît le 13 février 1901 dans le 16e arrondissement de Paris. Par son père, Jules, il descend d’Henri Dubois-Fournier (1768-1844), commerçant dans le nord de la France qui mena de nombreuses missions pour le rétablissement de l’Église catholique en après la Révolution française. Par sa mère, Ghislaine Berthier de Lasalle (1877-1935), il était lié aux princes Murat, noblesse d’empire. Son étoile le plaçait donc plutôt parmi les couches les plus aisées de la société française.

Il choisit pourtant de devenir prêtre, et de s’engager résolument aux côtés la classe ouvrière. Luc Perrin, maître de conférences à la faculté de théologie catholique de l'Université de Strasbourg, livre en 2009 un témoignage sur ce parti-pris : « Je me souviens du chanoine Hollande qui avait été chargé par le cardinal Suhard de les diriger les prêtres ouvriers à Paris et qui me confiait, un peu gêné et quasi en confidence, qu'il était apparenté aux princes Murat, noblesse d'Empire certes mais fort loin du prolétariat. »

C’est en 1926 que Hollande devient prêtre à Issy-les-Moulineaux. Le diocèse de Paris couvrait à cette époque la ville-capitale, mais aussi l’essentiel des trois départements actuels de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Il sera ensuite vicaire de Saint-Joseph-des-Épinettes, dans le 17e arrondissement ; c’est sans doute à ce moment qu’il devient aumônier de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Toujours vicaire, il rejoint Levallois-Perret en 1934 puis comme premier vicaire Notre-Dame-de-Lorette (9e arrondissement de Paris).

Il est nommé curé en pleine guerre, se voyant attribuer la charge de la paroisse Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont en juillet 1942. La paroisse avait été créée en 1910 et la petite église aurait dû être remplacée par un nouvel édifice, « Notre-Dame du cinéma », projet arrêté avec le conflit et mondial et jamais repris ensuite.

Sa présence sur les bords de Marne restera assez brève. En effet, en novembre 1943, le cardinal Suhard le nomme supérieur de la Mission de Paris. Six autres prêtres venaient de refuser la fonction.

Archevêque de Paris depuis 1940, Mgr Suhard, se préoccupe de la déchristianisation et notamment celle des couches populaires. Il fonde la Mission de France en juillet 1941 puis  la Mission de Paris en juillet 1943. L’objectif que se donnent les six prêtres regroupés autour de Jacques Hollande est « d’insérer un christianisme ‘très pur’ dans la culture ouvrière pour la ‘surélever’ et inciter la communauté chrétienne à purifier son propre christianisme » d’après l’historien Guillaume Cuchet.

La Mission de Paris sera la matrice de la naissance des prêtres-ouvriers. C’est en 1947 que, sur autorisation du pape, des ecclésiastiques décident d’aller travailler en usine ou sur des chantiers. Beaucoup d’entre eux s’engagent dans l’action sociale, devenant même parfois responsables de syndicats Cgt. En 1953, le pape mettra fin provisoirement à l’expérience, provoquant de douloureux troubles parmi ceux qui exerçaient cette fonction.

Beaucoup d’entre refuseront de redevenir des prêtres ordinaires, et Jacques Hollande, qui n’était pas lui-même prêtre ouvrier, les défendra en restant à son poste à la tête de la Mission de Paris. Ils sont qualifiés d’« insoumis » au sein de l’église catholique. Élevé à la dignité de chanoine en 1948, Hollande fait partie des chrétiens qui s’opposent à la bombe atomique en 1949 autour de l’appel de Stockholm.

Après la fin de la Mission de Paris, il redevient curé de la Trinité (Paris, 9e) en 1957. Il sera le porte-parole du clergé parisien lors des travaux préparatoires au concile Vatican II en 1964. Après le concile, en 1965, les prêtres-ouvriers sont à nouveau autorisés.

Le chanoine Hollande décède le 28 décembre 1991 dans le 14e arrondissement de Paris.

 Suhard_Hollande_1944.jpg

Jacques Hollande (à dr.) et le cardinal Suhard, 1944

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 23:07

Les socialistes d'Arcueil organisent une exposition sur 100 ans de conquête humaniste et de luttes sociales.

Le vernissage de l’exposition se fera en présence de nombreuses personnalités. Il sera l’occasion d’un hommage au combat de Robert Badinter en faveur de l’abolition de la peine de mort, de l’amélioration des conditions de vie des détenus, de la défense de libertés fondamentales.

L’ancien ministre de la justice, qui fut également président du conseil constitutionnel puis sénateurs des Hauts de Seine, aujourd’hui âgé de 83 ans, sera présent.

L’accès est libre.

100 ans de conquête humaniste et de luttes sociales

Lundi 20 février à 18h30

Centre Marius Sidobre

Plan d’accès : 30, rue Émile Raspail 94110 Arcueil

Voir également : www.ps-arcueil.org

 

Invitation Robert Badinter

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 23:51

Le 12 novembre 1918, le quotidien (alors socialiste) L’Humanité, dont le fondateur Jean Jaurès avait été assassiné juste avant le début des hostilités, saluait comme il se doit les évènements qui accompagnaient la signature de l’armistice, signé la veille.

Le texte signé à Rethondes prévoyait aussi la réintégration de l’Alsace et de la Lorraine dans le territoire national. L’assemblée nationale, en séance en ce jour de la fin de la guerre, acclame Georges Weill, présent dans les tribunes du public. Il avait été élu en 1912 député socialiste de Metz au Reichstag allemand. En 1914, il avait rejoint l’armée française.

Ce que le journal de gauche retenait, plus même que les clauses diplomatiques et militaires de l’arrêt des combats, c’était que les armes allaient cesser, que l’Allemagne n’était plus un empire, et que l’on pouvait rêver à une « république universelle ».

Le syndicat Cgt voulait une « réconciliation des peuples » et mettait en garde, avec une clairvoyance à signaler, contre « tout entraînement chauvin » qui, sous prétexte de maintien de l’ordre, s’attaquerait aux régimes nouveaux en Russie, Allemagne et Autriche.

La veille, dans le même journal, le maire de Champigny et député de la circonscription qui comprenait Joinville, Albert Thomas, signait une tribune aux accents prophétiques : il protestait contre l’appui donnait par la France aux troupes réactionnaires russes, mais en même temps précisait « nous n’en refusons pas moins de donner en exemple aux travailleurs de France les actes des bolcheviks ». Il assurait avoir entendu « les cris de douleur des socialistes, ouvriers démocrates ou révolutionnaires » et indiquait préférer la « puissance politique » du suffrage universel aux moyens révolutionnaires. Une mise au point le lendemain précisera que le point de vue du député signé par nombre de militants socialistes était celui d’un courant minoritaire.

Les débats politiques de la fin de la guerre portaient déjà sur les tensions qui allaient provoquer les prochains conflits.

 

1918 11 12 Huma

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